Manifeste

Pour faire sortir la poésie singulière en chacun à l’ère d’un monde numérique déshumanisant et dé-poétisé

On ne fait rien (consciemment) pour aller mal

L’association Arthypnotique prend forme lors de ma pratique en cabinet d’hypnose. Plus j’avance dans l’accompagnement de personne en souffrance et plus je vois que cette souffrance…On ne fait rien pour l’avoir. 

Nul.le ne se réveille consciemment le matin avec le désir d’être dans un rapport d’addiction à l’alcool ou la cigarette. D’avoir un deuil soudain qui arrive dans sa vie. La perte inattendue d’un emploi. Une maladie qui survient à pas feutrés…Par contre, le désir de faire bouger ce qui est (voire de le supprimer) crée une souffrance que je reçois dans mon cabinet. 

On me demande régulièrement l’impossible en cabinet. La demande initiale pourrait toujours être traduite ainsi « Bonjour, mon souci c’est que 2+2=4 et moi j’aimerais que cela fasse 5 ». C’est impossible ! On ne peut pas obtenir un nouveau résultat à partir d’un même calcul…

On peut comprendre ici que nous sommes la somme des évènements aléatoires de notre vie qui nous ont fabriqués, poussés à prendre des décisions, faire des choix. On ne peut pas changer le résultat de cette somme comme par magie.

Et voilà le problème que l’on travaille alors en séance : Il n’y a pas de solution à une solution. Il n’y a pas de solution à 2+2=4 car la solution est déjà trouvée. C’est donc un problème ! 

Alors l’hypnose, l’art-thérapie ne viennent pas régler un problème impossible. Ces pratiques permettent de faire une nouvelle addition et de créer un mouvement vers un nouveau résultat. On pourrait même résumer l’accompagnement ainsi : 2+2+1=5. 

La poésie ne sert à rien, elle est donc parfaite pour qu'il se passe quelque chose

En étudiant le « ne rien faire » initié par François Roustang, psychanalyste et hypnothérapeute Français ; je me suis longuement penché sur ce qu’il entendait par le fait de ne rien faire et j’en suis arrivé à la conclusion que le travail d’un accompagnant était d’avoir le même rôle qu’une peinture dans une pièce. Créer un changement sans rien faire, uniquement par la présence. 

Et puis après tout, ne rien faire fait qu’un problème arrive. Celui de la souffrance d’essayer de changer consciemment ce qu’on a pas choisi qu’il nous arrive dans la vie. Alors ne rien faire ça marche bien pour qu’il se passe quelque chose. 

Ça tombe bien. La poésie, c’est finalement assez anodin, et pourtant, cela crée un mouvement naturel, sans qu’on le désir, à l’intérieur de soi.

C'est sur ce point que la proposition d'une expérience qui fait émerger de la poésie en soi trouve son intérêt

Ce qui est poposé à travers les dispositifs de Arthypnotique et de Arthur Grosjean, c’est justement….Rien. 

Puisque cela est donné à des personnes qui ne demandent ni n’attendent rien. 

Ça tombe bien, la poésie ne sert à rien (à priori).

Comme la souffrance nous tombe dessus alors qu’on ne fait rien. On peut laisser la poésie amener un mouvement….sans rien faire de particuliers.