La personne qui voulait être une statue

La personne qui était devenue une statue

Un récit autour d'une séance dont la problématique était la volonté d'être totalement parfait, ce qui engendrait beaucoup de souffrance et une peur de la vie dans son ensemble.

À force de désirer être parfaite, une personne décida de se transformer en statue. Une magnifique statue posée dans un paysage rempli de beauté. La statue était faite d’un matériaux raffiné et pur qui lui permettait de n’avoir aucune aspérité, aucune imperfection. La personne fût très heureuse de réussir à atteindre cette perfection ultime et de se rendre ainsi intouchable par les impuretés du monde. Et c’est ainsi qu’elle se figea pendant un long moment dans le beau paysage, fière de ce qu’elle avait réussi à devenir.

Un jour, cette personne commença à ressentir une gêne. Elle était à l’aise en tant que statue mais parfois des petites choses venaient le perturber dans sa quiétude. 

Le paysage devant elle était magnifique, mais elle ne pouvait pas y accéder quand elle voulait l’explorer.

Des oiseaux venaient parfois se poser et faire leurs besoins et la personne ne pouvait pas s’en défendre.

Elle se laissait donc « chier » dessus, impuissante. De jeunes gens venaient parfois tagger des insanités sur la statue et la personne ne pouvait que laisser faire. 

Parfois la personne était triste et désirait parler de son malheur, mais une statue ne peut pas ouvrir la bouche et faire la conversation. Elle contemplait alors la vie qui se déroulait devant elle, tout en sachant qu’elle ne serait pas éternelle. Alors la personne se réfugiait dans des souvenirs, mais cela devenait répétitif, et puis les souvenirs n’étaient parfois pas très heureux. 

Toute forme d’apprentissage avait cessé pour la personne.

En devenant statue, elle avait rendu son cerveau imperméable au changement et aux découvertes. Alors elle restait bloquée dans les certitudes de la vie qui lui semblait être acquises. 

Le temps passant, les matériaux de la statue s’usaient et devenaient de plus en plus laids à regarder. Et la personne ne pouvait rien faire pour nettoyer et entretenir sa beauté. Plus le temps passait et plus la personne se sentait inconfortable dans la magnifique statue qu’elle avait mis beaucoup de temps à fabriquer. La personne allait mal dans le bien qu’elle avait pensée se faire en s’enfermant de la sorte dans une magnifique construction qu’elle pensait être éternelle. 

Alors elle prît un temps… 

Un temps pour commencer à écouter ce qu’il se passait, maintenant, dans son corps. Elle sentit alors qu’elle était à l’étroit dans la statue qu’elle avait fabriquée. Elle commença à sentir combien cette construction l’empêchait de construire de nouvelles choses. Elle sentit que sa statue n’était plus un objet de perfection mais une prison posée devant un magnifique paysage. Elle ressentit l’impossibilité d’extérioriser des émotions, celles-ci restant  enfermées dans la roche. 

Elle essaya simplement de penser à arrêter d’être « statue » mais ça ne marchait pas ainsi. La statue était sa manière de survivre et elle ne pouvait pas s’en passer comme ça. 

Elle essaya de « changer » de mentalité mais en faisant cela, elle perdait le sens de qui elle était. 

Elle essaya de faire mieux, mais cela renforça la matière dans laquelle la statue était faite. 

Alors elle commença simplement à se fondre dans ses pensées. Elle appris à écouter et respecter tout ce qu’il se passait en elle, de bon comme de mauvais. En se fondant dans ce qu’elle appelait « sa médiocrité » elle sentait que la statue commençait à se fissurer. Elle commença à cultiver ses impuretés afin de les laisser ouvrir la statue par endroit. 

Elle finit simplement par garder quelques bouts de statue par endroit, comme pour continuer de se protéger. 

Les morceaux furent gardés aux endroits ou cela était bon pour la personne. Elle garda certains morceaux pour les distribuer à d’autres humains. Les morceaux qu’elle détestait serait lancé sur les personnes qui lui manqueraient de respect. Les plus beaux vers les personnes qu’elle aimait bien et qui lui rendait bien. 

C’est ainsi qu’elle pût redescendre de sa montagne, sortir de sa condition d’ermite et revenir vers la civilisation avec un sac de morceau de vie bien rempli.

Elle n’avait plus qu’une hâte, c’était de les distribuer.  

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